samedi 26 mai 2012
Réplique du jour...
- Ne me traite pas de débile!
- Oh, tu as raison. Te traiter de débile, c'est carrément une insulte à tous les débiles profonds!
Un poisson nommé Wanda, Charles Crichton (1988)
analyse de Mon Oncle
L'analyse du film Mon oncle (1958), du réalisateur Jacques Tati, se portera essentiellement sur le rapport entre l'image et le son de la scène d'introduction. Je vous fait partager ce travail en espérant qu'il vous aidera à mieux comprendre ce film et à, par la même occasion, montrer à ceux qui ne sont pas en cinéma qu'une petite scène de film comme celle là peut avoir bien plus a raconter qu'on ne peut l'imaginer au départ. Cela dit en passant je diffuse cette analyse particulièrement car j'y ai eu une très bonne note, et le cours s'intitulait l'Espace sonore dans le cinéma.
Dans cette scène l'image se distingue premièrement par ses couleurs. Le premier "monde" se caractérise avec des couleurs vives tels que le manteau de la femme qui est vert mais aussi le jardin. Mais ces couleurs ne sont que des touches qui dynamisent le décors, alors que le reste est neutre avec des couleurs comme le noir, le gris et le blanc. Dans les second "monde" les couleurs sont très liées à la terre avec du marron, du gris, du kaki, le marron étant le plus présent. Et comme dans le premier milieu, il y a des petites touches de couleur plus ou moins vives tel que la robe bleue de la jeune fille. Mais bien que les couleurs de l'image montrent dès le début une différence entre les deux lieux, les plans sont presque souvent les mêmes.
En effet Tati utilise pour la plupart du temps des plans d'ensemble et fixes, ce qui met le spectateur dans une certaine immobilité. A l'intérieur du cadre les personnages bougent, vont et viennent, particulièrement dans les premier lieu où la caméra est bien fixe mais la femme donne une certaine dynamique en bougeant à l'intérieur du cadre, tandis que son mari bouge très peu, c'est donc elle qui crée du mouvement en apportant les affaires à son mari. Le mouvement de caméra apparaît lorsque nous suivons le voiture. Et dans le deuxième lieu, le mouvement se fait par M. Hulot, l'oncle, qui traverse l'espace de l'image, et l caméra le suit quand il monte chez (ce qui donne un aspect comique à la scène d'ailleurs). Tati privilégie ainsi les plans fixes et d'ensemble.
Dès le début de la scène, les sons donnent du rythme, ils créent un certain mouvement pour combler le manque de mouvement de la caméra. Les bruits, les effets sonores sont très présent dans le premier monde. En effet nous pouvons les distinguer et faire aisément une énumération: la tasse; les pas de la femme; sa veste (ou robe, c'est indéfinissable); la voiture; l'aspirateur; le briquet et la boîte à cigare que le mari ferme. Mais ces bruits sont mécaniques, sans vie, nous n'entendons qu'eux. Par exemple, nous n'entendons pas le chien, les personnages ne parlent pas, comme si les sons (ou effets sonores) dictaient l'espace et par conséquent l'image. De fait, dès que nous entendons un son off, il devient in , c'est à dire que nous ne voyons pas la source du son avant de l'avoir entendu. Pour donner un exemple : les pas de la femme, nous ne voyons la femme qu'après avoir entendu ses pas soit par un changement de plan, soit par son arrivée dans le champ. Donc dans ce premier espace le son semble diriger l'image et la rythmer.
Le deuxième espace lui est dirigé par les gens, la parole et il n'y a pratiquement pas (ou peu) de bruits. La parole et la voix y sont privilégiées ce qui donne un caractère plus humain à la scène. Mais cette parole ici remplace les bruits de la première partie, elle est alors traitée comme du bruit qui n'a pas de référent, donc de sens. Elle est moins claire et nette que les bruits qui eux étaient très clairs, distincts. C'est plus ce que je qualifierai de "brouhaha" général et plus réaliste que les autres sons. Ici la place faite au silence est mince voir nulle alors que dans la première partie le silence était pesant et faisait des sons encore plus perceptibles. De plus la parole n'est pas synchrone avec l'image ce qui crée un petit décalage entre le son et l'image. Par conséquent le son est révélateur des deux espaces, ainsi que la musique
vendredi 25 mai 2012
Réplique du jour...
- Pilate veut te voir
- Pourquoi veut-il me voir?
- Je crois bien qu'il veut savoir dans quel sens tu préfères être crucifié!
Les Monthy Python, la vie de Brian, Terry Jones (1980)
jeudi 17 mai 2012
Michael Haneke
Michael Haneke était à l'université Paris 8 le vendredi 11 mai 2012 pour y recevoir le prix Honoris Causa mais également pour parler avec les étudiants présents dans l'amphi.
Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, M. Haneke est un réalisateur autrichien mondialement connu pour ses films tels que La Pianniste (avec Isabelle Huppert), Funny Games (dont il a fait le propre remake en 2008 avec la belle Naomi Watts), Le ruban blanc (pour lequel il reçut la Palme d'or à la 62e édition du festival de Cannes en 2009) ou plus récemment Amour (qui est sélectionné cette année au 65e festival de Cannes). Haneke a étudié la philosophie et la psychanalyse à Vienne, où il est désormais professeur en scénario, c'est probablement pour cela que ses films parlent , pour la plupart, de thèmes sociaux et que ses personnages sont pas mal ... fêlés. Si vous voulez voir un aperçu de son travail, je vous conseil en 1/ allez voir ses films, en 2/ allez consulter un article de mon blog consacré à l'analyse de la scène d'introduction de Funny Games U.S.
Et maintenant, un petit bout de ce qu'il a dit lors de la rencontre avec les étudiants de Paris 8.
(désolé si ça bouge beaucoup mais j'étais en maxi zoom, donc la sensibilité s'y voit décuplée)
Le voici à présent en train de recevoir le titre de Docteur Honoris Causa après un TRES long discours du président de Paris 8...
Et voilà, ayant vu l'un des plus illustres cinéaste européen d'aujourd'hui, il fallait que je vous fasse parvenir mon enthousiasme, en espérant que vous voulez désormais voir ses films. Courrez y vraiment, je lui fais de la publicité pendant qu'il est à Cannes pour son dernier film, il devrait me payer...
samedi 28 avril 2012
jeudi 26 avril 2012
Le film du jour !!
We need to talk about Kevin
Alors le film que Lur vous suggère aujourd'hui est We need to talk about Kevin , un film qui est sortit en septembre 2011, de Lynne Ramsay (qui est aussi la scénariste avec Rory Stewart Kinnear, adapté d'un roman écrit par Lionel Shriver) sélectionné au dernier festival de Cannes. Avant de vous parler un peu plus en détail, regardez cette petite bande-annonce pour vous mettre l'eau à la bouche .
Cette histoire d'un jeune adolescent un peu beaucoup perturbé et surtout la façon dont la mère de celui ci prend la chose, sa manière de réagir, ses sentiments... Quelle meilleure actrice pour jouer cette mère désabusée que la merveilleuse Tilda Swinton . L'actrice a une telle présence dans ce film, qu'elle arrive a nous faire oublier le reste de sa famille, ou presque. En effet le jeune Ezra Miller se démarque également, mais nous y reviendrons un peu plus tard. Restons sur la grande, que dis-je, l'immense Swinton. elle anime le film par sa silhouette et son visage très marqué qui décrit l'état de fatigue général de son personnage, Eva.
La révélation certaine du film est l'acteur jouant Kevin adolescent, Ezra Miller. Malgré son visage enfantin , ses yeux nous dévoilent un tout autre personnage : un adolescent à problème. Mais outre ce paradoxe, ce qui m'a moi plus intéressé c'est le fait que tout dans ce personnage est détestable (un gamin insolent et brutal envers tout le monde, en particulier sa mère) et nous avons envi de le détester (ce qui arrive d'ailleurs) mais on finis finalement par l'aimer, le plaindre, on s'y attache à cet ado mal luné depuis sa naissance. On passe donc de la rage à la tendresse grâce à cet acteur majestueux et diaboliquement charmant.
Mais le film se nourrit aussi du personnage du père, interprété par John C. Reilly. Il est ici très surprenant du fait que nous n'avons pas l'habitude de le voir dans ce genre de film un peu psychologique. Par contre il n'est pas du tout en dehors du duo mère/fils, je dirais même qu'il l'alimente en faisant passer la mère pour une folle. Franklin, son personnage, est alors celui sur lequel nous comptons pour finir le film alors même qu'il commence, hors les multiples changements qui interviennent tout le long du film nous font douter jusqu'au dénouement final.
J'aimerais bien vous parlez un peu plus de ce film que j'ai visionné cet après-midi , mais j'ai peur de vous en dire trop et de spoiler le film entier, bavarde que je suis. Je vous dirais juste d'aller voir We need to talk about Kevin si vous aimez ce genre de drame. Et pour décrire en quelque mot ce long métrage : quel sale gosse adorable, c'est de la faute de la mère (sans l'être pourtant)... Oh, et le montage, magnifique dans sa complexité. Allez, je me tais maintenant.
samedi 14 avril 2012
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